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La Ligue, un acteur politique

Le congrès de la Ligue de l’Enseignement s’apprête à débuter ces jours-ci à Marseille. Les ligueurs des quatre coins de France viendront contribuer à la question « la Ligue, un acteur politique ».

Aujourd’hui plus que jamais, faire société
Il y a neuf ans, au Congrès de Toulouse de juin 2010, la Ligue de l’enseignement adoptait le manifeste Faire société. Il n’est pas inutile d’en citer les premiers mots : « Aujourd’hui, les institutions sont fragilisées et contestées, les valeurs collectives sont affaiblies, les injustices sont criantes ». Neuf ans plus tard, où en sommes-nous ?

Neuf années de crise économique et de troubles politiques plus tard, ces mots sont plus que jamais d’actualité et les intuitions qui s’y formulaient font de ce manifeste une boussole toujours précieuse pour guider notre action et notre réflexion.Toutes les craintes qu’il exprimait ne se sont pas avérées : le modèle social français tient toujours et la France reste l’un des deux ou trois pays les plus redistributifs du monde, même si la pauvreté a cessé de se résorber et si les fins de mois restent une question angoissante pour une trop grande partie de nos concitoyens; la marchandisation du monde reste un horizon menaçant, pour les hommes et le vivant, mais les mécanismes de régularisation du capitalisme, encore très insuffisants, ont été renforcés dans la période .Certaines crises, au contraire, ont dépassé ce que les plus pessimistes pouvaient craindre en 2010 : la crise environnementale est désormais au premier plan, la crise de l’information s’est exacerbée avec les fake news et les effets de bulles cognitives associées aux réseaux sociaux, et le repli nationaliste s’est développé dans tous les pays jusqu’à susciter des tensions géopolitiques. En juin 2010, la crise financière semblait jugulée ; on a découvert, cet été-là, qu’elle ouvrait sur une crise de l’Euro qui a laissé des traces profondes dans nos sociétés, nos économies, nos systèmes politiques. En juin 2010, le monde semblait uni dans la réponse apportée à la crise. Il est aujourd’hui désuni, à un point que l’on ne pouvait pas soupçonner. Le diagnostic de Faire société reste globalement juste, notamment dans son articulation majeure :


• tout d’abord l’idéal de laïcité, de fraternité et de tolérance reste pertinent et les événements traumatisants que nous avons affrontés en 2015 et 2016 ont confirmé que la société française restait attachée à cette vision ;
• ensuite la crise des institutions, de la représentation démocratique et de l’action publique, qui émergeait en 2010, s’est sensiblement accentuée.


Si la République est bien traversée par une crise des valeurs collectives, cette crise ne résulte pas tant d’une impossible coexistence entre religions que de conditions sociales trop éloignées. Elle se laisse davantage lire comme une crise verticale, avec une dimension spatiale et territoriale. C’est un point important, qui permet de se dégager d’un certain nombre de faux débats, pour entrer dans le vif des problèmes qui se posent à nous. Ces problèmes, autre point crucial, peuvent avoir des spécificités françaises, mais ils entrent en résonnance avec ce qui se joue aujourd’hui dans l’ensemble des pays développés, à commencer par nos voisins européens. C’est le cas, en particulier, de la crise du système partisan qui signe une accélération de la crise de la représentation.

 

Extrait de la pré-résolution Pré-résolution de la Question de Congrès
https://questioncongres2019.laligue.org/


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