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Ils se croyaient des hommes...

Appel de l’association affiliée "L’autre c’est nous" : Pour l’arrêt et l’annulation de toutes mesures d’expulsion au prétexte des accords de Dublin.
Depuis quelques mois nous assistons dans le Var à la multiplication des arrêtés d’expulsion assortis d’assignation à résidence de migrants grâce aux rouages du règlement Dublin...

III. C’est un règlement européen prévoyant qu'un migrant doit demander l'asile dans le premier pays européen où il pose le pied, or pour des raisons géographiques évidentes il est quasiment impossible de venir demander l'asile en France sans passer par un autre pays européen.

 

Lorsque des migrants arrivent dans le Var, le préfet effectue un tri absurde et injustifié pour « choisir » ceux auxquels il applique le règlement DUBLIN III. Y échapper relève donc du hasard et de la chance. Ce tri permet d'afficher une politique d'accueil ne concernant qu'une minorité des demandeurs d'asile, tout en pratiquant une politique brutale de renvoi.

L’article 17 du Règlement de Dublin III précise pourtant : « Il importe que tout État membre puisse déroger aux critères de responsabilité ». L’application de la procédure Dublin n'est donc pas obligatoire, les préfets sont libres d'examiner TOUTES les demandes d'asile. C’est d’ailleurs ce qui a été fait, après le démantèlement de Calais, pour plusieurs dizaines de migrants envoyés dans les CAO de Toulon et de La Seyne où ils ont été « dédublinés ».

En 2015 la crise a amené l’Allemagne à suspendre unilatéralement l’application du règlement Dublin pour les ressortissants syriens. Les récents arrêtés préfectoraux relancent l’application de ce règlement qui met à mal la santé mentale de nombreux migrants en raison de l’incertitude quant à leur sort et à l’angoisse d’être rejetés vers ce qu’ils ont dû fuir : s’ils ne se présentent pas aux multiples convocations ils perdent leurs droits de demandeurs d’asile et doivent attendre 18 mois pour déposer une demande d’asile en France. Le préfet du Var crée dans le département un terreau idéal pour les réseaux d'exploitation, de travail au noir, de mendicité. Des migrants se trouvent à nouveau en errance dans le département ou dans le pays où ils sont renvoyés, car sans solution de statut. Au final, le règlement de Dublin aboutit à la fabrique de clandestins. 

Le journal « Var Matin » du vendredi 30 juin 2017, informe « plus de 10 200 migrants ont été transportés vers des ports italiens entre dimanche 25 juin 2017 et mardi 27 dont 5 000 pour la seule journée de lundi, 3 300 dimanche et 1 900 mardi. » Sur la même page de ce journal, le préfet d’Ile de France annonce qu’une des solutions pour les 1 200 réfugiés regroupés porte de la Chapelle « repose sur la mise en œuvre de décisions concernant les personnes sous procédure Dublin. » Nous atteignons des sommets d’hypocrisie.

Le règlement Dublin III fait peser toute la pression migratoire sur les pays du Sud et de l'Est de l'Europe. Les demandeurs d'asile arrivent dans les pays qui ont les capacités d'accueil les plus modestes : ceux du Sud et de l'Est. De cette manière, les pays de l'Ouest s'exonèrent de toutes leurs responsabilités comme le montrent les chiffres pour la France : en 2016, 85 244 demandes d’asile ont été enregistrées en augmentation de 10% par rapport à l’année 2015 (80 075 demandes d’asiles déposées). La même année 19 834 décisions d’accorder l’asile ont été délivrées contre 14 119 en 2015. La France laisse quelques pays se débattre avec ce que l'UE appelle « la charge » migratoire.


Nous appelons toutes les associations et collectifs varois qui luttent en faveur du respect des droits humains fondamentaux à s'unir et à solliciter le préfet pour :
L’arrêt et l’annulation de toutes mesures d’expulsion au prétexte
des accords de Dublin.


Appel de l’association affiliée : l’Autre, c’est nous

INFOS : 04 94 24 72 72– Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.